martedì 13 novembre 2007

Božja beseda v Afriki

Objavljamo članek našega študenta Germaina Nzinga Makituja o branju Svetega pisma v afriških cerkvenih skupnostih, kakor je bil napisan v francoščini. Avtor, rojen l. 1962, je duhovnik škofije Matadi v Demokratični republiki Kongo. Na Papeški univerzi Gregoriana v Rimu pripravlja doktorat iz biblične teologije. V slovenskem prevodu je bilo besedilo objavljeno v reviji Tretji dan, št. 5/6 (2007).


L'accueil de la Parole de Dieu dans les Communautés Ecclesiales Vivantes (C.E.V.)

«Ils se montraient tous assidus à l’enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et à la vie des prières» (Ac 2,42).

L'enseignement des apôtres auquel la première communauté chrétienne est restée attachée traduit l'importance vitale de la parole de Dieu pour l'existence de l'église. Le Dieu de chrétiens se distingue d'autres dieux en ceci qu’il est un Dieu vivant. C'est un Dieu qui se révéle aux hommes en leur parlant, en leur révélant le sens caché de choses et de événements et en leur annonçant en même temps des promesses d'avenir.

En parlant, Dieu agit. Tel est l'aspect fondamental de la parole de Dieu. Elle n'est pas seulement un message intellectuel adressé aux hommes. Le «dabar» YHWH est, selon Ph. Sander, autant «une parole qu'un événement, une action»[1], une réalité dynamique, une puissance qui opère infailliblement les effets visés par Dieu (Jos 21,45; 23,14; 1R 8,56). Dieu envoie cette parole comme un vivant messager (Is 9,7; Ps 107,20); elle court, elle fond en quelque sorte sur les hommes (Za 1,6). Elle est comme la pluie et la neige qui descend des cieux et qui n'y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l'avoir fecondée et l'avoir fait germer (Is 55,10,11).

Tombée en terre africaine, cette parole de Dieu a impiré ses auditeurs à s’organiser dans une Eglise – famille de Dieu. Les chrétiens ont ressenti le besoin d'être conséquents avec le message évangeligue et à vivre leur charité chrétienne dans des petits cellules ecclésiales à taille humaine, appelées Communautés Ecclésiales Vivantes en sigle C.E.V. Chacune d'entre elles regroupe une dizaine de familles. Elle se dote d'une structure d'organisation autonome et d'un calendrier d'activités pastorales. Elle se réunit une fois la semaine. Elle vit et s'organise autour de la Parole de Dieu écoutée, prêchée entre laïcs, commentée et méditée.

Cet article se donne l'ambition de décrire la manière selon laquelle des gens simples et fervents prennent très au sérieux l'annonce de la Parole de Dieu, comment ils l'assimilent et la digèrent pour enfin se laisser guider par elle dans tous la secteurs de leur vie.


Modalités d'écoute de la parole de Dieu


»- Qu'est-ce qui nous a rassemblés ici ma frères?

- La Parole.

- Ce n’est pas la parole de personne.

Ce n’est pas la parole d'aucun riche.

Ce n’est pas la parole d'aucun griot.

La parole, la parole, la parole de Dieu,

c'est une bonne parole.«[2]


Ce refrain d'un chant burkinabé traduit la vision propre que les églises africains se font de la parole de Dieu. Une parole qui n'est la propriété d'aucune classe sociale. En même temps une parole jugée bonne, à même de produire de bonnes oeuvres, de porter bénédictions pour le village, de rendre fructueuse la récolte, de répandre l'amour et la solidarité entre les hommes.

La réunion hebdomadaire de la C. E. V. se fait autour de cette parole de Dieu. Celle-ci est une parole pour tous. Elle est une parole de rencontre et de rassemblement. Au cours de cette assemblée, un des participants se lève et proclame la parole qui est d'habitude celle qui sera lue à la messe dominicale prochaine. Suit un moment se silence et de méditation scandé d'un chant.

L'annonce de la parole est relative à l'écoute de la voix intérieure de Seigneur et du message qu’il a réservé à chacun, individuellement et communautairement. De là l'impérieuse nécessité qui incombe à chacun de partager, de communiquer aux autres participants l'echo, la compréhension qu'il a eue des Saintes Ecritures. Un ancien se charge de faire la synthèse de tous ces messages. Une synthèse qui entre en harmonie avec les problèmes et les joies concrètes vécues au sein de cette petite communaute humaine avec une fenêtre ouverte sur les problèmes de la paroisse et ceux de l'Eglise universelle.

La schéma pratique[3] de ces assemblées se déroule en trois étapes, à savoir:

- une étape projective qui est la découverte des texte de la parole de Dieu. Ce texte est lu lentement et á haute voix.

- une étape analytique: les participants recherchent le sens du texte. Ils veulent examiner le texte pour comprendre ce qu'il veut dire concrètement à leur vie quotidienne.

- une étape de l'appropriation où ils vont chercher à actualiser le texte. Ils se posent tous cette grave question: « Quel message nous donne la parole de Dieu dans notre situation particulière? Quelle est la part de « bonne nouvelle » qui s'y trouve pour nous? »

Ces trois étapes peuvent être synchronisées dans un schéma que nous propone C. Boff[4]:


Ecriture Communauté lietrice

↨ ↔ ↨

Son contexte Son contexte


Ce schéma a le grand avantage de mettre en exergue la nécessité d'actualiser la parole de Dieu de la comprendre en fonction du vécu particulier des personnes et du groupe et de les pousser tous à adopter un nouveau projet de vie à la lumière du message qu'il ont accueillì.


Pour une charité inventive


La parole de Dieu annoncée et accueillie en communauté ecclésiale vivante met cette dernière en demeure de voir sa vie sociale, de la juger avec la distance qu’exige la vérité divine et d'agir d'une manière nouvelle.

Les familles rassemblés en C. E. V. sont interpelées par la parole de Dieu. Celle-ci remet en question certaines pratiques qui ne cadrent pas avec la vérité et la justice de Dieu. Il y a ici un effort manifeste de transmettre les paroles et gestes de Jésus dans leur vie actuelle.

Il se dessine ici un réel travail de reinterprétation de la parole de Dieu en fonction des besoins concrets de la communauté: la catéchèse baptismale et matrimoniale; la visite des malades; la visite aux prisonniers; l'aide aux veuves et aux orphélins; le recours spirituel á un frére tenté par la voie des sectes etc.

Toute la pratique ici consiste à voir et à vivre Jésus à la lumière de Pâques, à la lumière de Sa résurrection et de Sa présence au milieu de « deux ou trois réunis en son nom » (cf. Mt 18,20). Il se produit une compénétration entre la parole de Jésus et la vie de la comunauté qui les reprend et les actualise à sa façon.

Entendue et vécue de cette manière au cours de ces réunions hebdomadires, la parole de Dieu prend l’effet d’un ferment dans la pâte. Elle fait fructifier de nouvelles possibilités de vivre mieux, de prier plus authentiquement et d’aimer davantage, bref de développer une charité inventive.

Ceci dit, la communauté Ecclésiale vivante atteste qui c’est désormais elle qui est le lieu de la présence vivante et actuelle du Ressuscité. C’est dans la parole et les gestes de cette communauté croyante et priante que se médiatisent la présence de Jésus et son offre de salut. C’est du dedans que se réalise son projet évangelique: l’être-ensemble, le vivre-ensemble de chrétiens. Ces communautés de foi sont, à ce niveau, une nouvelle famille, une nouvelle parenté aux liens plus forts que ceux d’une famille de sang, parce que fondés en Jésus-Christ. Elle renouvelle les relations humaines. Elle forge de nouvelles solidarités qui se traduisent en pratique dans une véritable marche collective vers des cieux nouveaux et une terre nouvelle.



[1] Ph. SANDER et L. TRENEL, Dictionnaire hébreu-français, Genève, Slaktine Reprints, 1982, 115-116.

[2] Ca chant est tiré de P. POUKOUTAe La Bible en terre africains. Quelle est la fécondité de la parole de Dieu?, Paris, Ed. de l'Atelier, 1999, p. 139.

[3] Ce schéma a été emprunté de F. MABUNDU, Lire la Bible en milieu populaire, Paris, Karthala, 2003, p. 326-327.

[4] C. BOFF, Théorie et pratique. La méthode des théologies de la libération, Paris, Cerf, 1990, p. 252.

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Pêre Germain Nzinga Makitu
Doctorand / Université Pontificale la Grégorienne


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